
Invité de l’émission Le Meilleur de l’Info, présentée par Mickael Dorian sur CNews le 7 mai 2026, Alain Bensoussan est revenu sur l’idée d’une justice prétendument « laxiste » face aux violences urbaines.
Il a rappelé un principe essentiel de l’État de droit : la justice ne sanctionne pas une foule, elle sanctionne des auteurs identifiés, sur la base de preuves permettant d’établir leur rôle et leur responsabilité.
C’est tout le sens du principe d’individualisation des peines : chaque peine doit être adaptée aux circonstances de l’infraction, à la personnalité de son auteur et à sa situation (article 132-1 du code pénal).
Le problème ne réside donc pas nécessairement dans un défaut d’action de la police ou de la justice, qui travaillent ensemble, mais souvent dans l’insuffisance des éléments permettant de rattacher une personne arrêtée à des faits précis.
Sans preuve exploitable, il n’est pas possible de poursuivre, et encore moins de condamner.
Dans le contexte des violences collectives, l’enjeu devient donc probatoire : identifier les auteurs, établir leur participation personnelle, documenter les faits et sécuriser la chaîne de preuve.
C’est pourquoi Alain Bensoussan appelle à mobiliser les technologies disponibles : vidéoprotection, drones, analyse par l’intelligence artificielle d’images en temps réél dans l’espace public, dispositifs de marquage, afin de mieux caractériser les comportements violents et de permettre des poursuites individualisées.
Encore faut-il faire évoluer le cadre juridique pour autoriser ces outils dans des conditions juridiquement encadrées : finalités déterminées, proportionnalité, contrôle humain, traçabilité, durée limitée de conservation des données et garanties contre les atteintes aux libertés.
L’objectif n’est pas une justice automatique, mais une justice éclairée par la preuve, capable de sanctionner les véritables auteurs tout en protégeant les victimes.
Alain Bensoussan invité de l’émission Le Meilleur de l’Info, présentée par Mickael Dorian sur CNews le 7 mai 2026.


